«Les sectes évoluent mais elles sont toujours là»,
souligne Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
Le cinquième rapport annuel de la Miviludes, rendu public jeudi montre ainsi que les sectes et les comportements sectaires ont investi de nouveaux terrains comme la psychanalyse.
Depuis l'an 2000, les sectes se sont «engouffrées» dans le domaine de l'accomplissement de soi, jouant sur le registre de l'humanitaire ou celui des techniques de «recherche de son moi profond».
Exemple de dérive sectaire psychothérapeutique, les faux souvenirs induits.
Grâce à des techniques d'autosuggestion (hypnose, sophrologie, psychogenéalogie), des thérapeutes incompétents ou qui désirent assouvir des êtres fragiles, amènent leurs patients à se rappeler d'abus imaginaires-souvent à caractère sexuel- subis dans la petite enfance
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Les travaux de la Miviludes indiquent que le satanisme n'atteint pas des proportions alarmantes» mais ses manifestations sont plus «radicales», les exhumations de cadavres ne sont «pas rares». En France, la mouvance réunit 25.000 personnes dont 80% ont moins de 21 ans. Selon la Miviludes, il y a eu, du 1er janvier à novembre 2007, 92 cas de profanations à caractère satanique, soit une hausse de 300% en 3 ans.
Les suicides de jeunes sont en augmentation, de même que les «conduites déviantes» (scarifications et automutilations diverses). Les adeptes du le néo-chamanisme inquiètent aussi. Ils ont en effet tendance à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants, par la datura, une plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique.
Cinq mois après la polémique déclenchée, en février, par les propos supposés (et démentis par l'intéressée) de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui aurait affirmé, selon VSD, que «les sectes sont un non problème», la Miviludes a exhorté l'Etat à ne pas «se désintéresser de la lutte contre des mouvements qui déploient des moyens considérables pour pouvoir se livrer, en toute impunité, à leurs activités malfaisantes. L'Etat doit informer, prévenir, sanctionner».